Quint’Est : une responsabilité collective
La décision des DRAC Grand Est et Bourgogne–Franche-Comté de réduire de 30 000 € leur soutien à Quint’Est nous place devant une annonce brutale à moins de cinq mois de Quintessence.
Depuis deux ans, notre réseau a pourtant choisi de renforcer son engagement auprès des équipes artistiques. Nous avons affirmé la nécessité de chaîner la production et la diffusion, d’accompagner les compagnies sur le temps long et de construire des solidarités durables entre artistes et lieux.
Aujourd’hui, nous devons faire face à un contexte sans précédent.
Nous refusons que cette baisse de financement se traduise par des annulations de spectacles ou par un désengagement vis-à-vis des compagnies que nous accompagnons. Ce serait faire porter aux équipes artistiques le coût de décisions qu’elles subissent déjà de plein fouet.
Nous avons donc décidé de réduire notre fonds de coproduction et de mobiliser notre fonds de réserve. Nous tenons également à remercier l’engagement des équipes artistiques qui ont accepté d’adapter les conditions de présentation de leurs œuvres au coût plateau, permettant ainsi de préserver les équilibres pour chacun.
Ces mesures permettront de maintenir cet événement inter-régional majeur. Elles ne constituent pas un projet, elle le fragilise.
Car lorsque les moyens de création diminuent, ce ne sont pas seulement les artistes qui sont fragilisés. C’est l’ensemble de l’écosystème qui s’appauvrit : moins de temps de recherche, moins de prises de risque, moins d’œuvres, moins de diversité.
En tant que directrices et directeurs de lieux, nous avons une responsabilité particulière. Celle de ne pas considérer ces difficultés comme un problème extérieur à nos institutions. Les artistes, les compagnies, les lieux de création, de diffusion et d’accompagnement forment une même chaîne. Lorsque l’un de ses maillons est fragilisé, c’est l’ensemble qui vacille.
Nous refusons de considérer comme inéluctable l’affaiblissement progressif des moyens consacrés à la création.
C’est pourquoi nous choisissons de prendre notre part.
Non seulement en maintenant nos engagements autant que possible, mais aussi en ouvrant un débat collectif sur l’avenir de notre réseau et des politiques publiques qui le rendent possible.
À l’automne, nous prendrons un temps de concertation avec les équipes artistiques puis nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire afin d’imaginer ensemble l’avenir du réseau Quint’Est, ses priorités et les conditions de la vingtième édition de Quintessence en 2027.
Nous réaffirmons aujourd’hui l’absolue nécessité des réseaux. Parce que soutenir la création et le service public de la culture est une responsabilité collective.
Le réseau Quint’Est

