Wormhole au CCAM de Vandoeuvre-lès-Nancy

Compagnie 1 des Si
Publiée le lundi 20 novembre 2017

Suite à la présentation du projet à Quintessence 2015 à Besançon, la compagnie 1 des Si, emmenée par son chorégraphe Etienne Rochefort, présentera son spectacle

 

Wormhole

Le 21 novembre 2017 à 14h30

Le 22 novembre 2017 à 20h30

Au CCAM, Scène nationale de Vandoeuvre-les-Nancy

 

 

Si 2#Damon, pièce précédente, révélait un penchant particulier pour le dessin animé et les mangas, WormHole se rapproche du cinéma. Ombres et lumières aux teintes bleutées ou grisées environnent les corps tantôt au sol ou debout, évoluant par vague. Le quintet ainsi composé d'étranges surfeurs de l'espace se déplace souvent à l'unisson et pas glissés. Il procède par gestes vifs ou ralentis, selon que le chorégraphe décompose mouvements et figures entre répétitions et variations jusqu'à donner des impressions d'ondes et de flottements, de corps altérés comme délestés de leur poids. Surgissent alors de fascinantes visons, issues d'un monde énigmatique où le vivant semble fusionner avec les effets vidéo. À la fois familier et inconnu, cet univers et son récit abstrait soulève bien des questions sur nos conceptions de la réalité et de nos identités.

Comme dans tout voyage, il y a un temps de préparation et d'observation avant que la compagnie n'affronte cette marche aux frontières du réel, à la lisière entre réalité et fiction. C'est dans cet écart qu'Etienne Rochefort, accompagné de ses complices, danseurs et musiciens, a entrepris de jouer sur la perte des repères, du corps, du temps et de l'espace. Avec ses troublants phénomène de perception, avec ses effets de « ralenti, rembobinage, pause, bug…autant d'effets spéciaux recréés par le mouvement, et renforcé par les états de corps : solidité, fluidité, mécanicité, liquidité… », ce spectacle en clair-obscur, strié de lignes de néons blancs, tient du film d'anticipation. WormHole, l'énigmatique trou de ver qui fait durablement débat dans le monde des sciences est aussi une source d'inspiration pour les artistes, notamment les réalisateurs et les chorégraphes. Rejoignant les débats sur l'esthétique du numérique, il semble qu'Etienne Rochefort tienne à bousculer les fondements du mouvement et de l'image scénique renouant ainsi avec une certaine idée du parcours initiatique et se rapprochant des enjeux les plus actuels des propositions scéniques d'aujourd'hui.

Irène Filiberti